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Les hautes écoles sont-elles suffisamment proches de la pratique ?

Des représentants de l’économie estiment que les hautes écoles spécialisées (HES) suisses ne sont pas assez proches de la pratique et qu’elles doivent faire des efforts dans ce sens. Selon eux, le système ne se différencie pas assez des universités et des écoles polytechniques fédérales. En conséquence, ils ont signé un «Appel au renforcement de la formation dans les hautes écoles techniques spécialisées». Ils demandent une meilleure collaboration entre HES et des échanges plus étroits avec les entreprises. Au niveau des Chambres fédérales, des interventions ont été déposées dans ce sens dans les parlements respectifs.

Le Conseil fédéral devrait préciser dans un rapport les profils des HES et des universités, les titres délivrés et les critères d’admission. Est notamment critiqué le fait que des titulaires d’une maturité gymnasiale puissent étudier dans une HES dans le cadre d’une filière bachelor intégrant la pratique, sans avoir une expérience préalable du monde du travail d’au moins un an ; de même, le fait que les HES engagent de plus en plus d’enseignants n’ayant aucune expérience pratique. Si ces critiques ne sont pas nouvelles, il faut toutefois préciser qu’elles émanent principalement de Suisse alémanique.

Cependant, pour le Conseil fédéral, il n’y a pas lieu de prendre des mesures supplémentaires, position confirmée par Luciana Vaccaro, rectrice de la HES de Suisse occidentale. En effet, le taux d’employabilité de des étudiants est élevé (93,7% travaillent un an après l’obtention du bachelor) et si les HES étaient à ce point éloignées du monde du travail, il n’y aurait pas un tel succès. Selon la rectrice, une tendance à proposer des profils plus académiques dans les HES existait dans les années 2012-2013, mais l’échelon a été remis au bon endroit. Cependant, elle prône elle aussi une collaboration étroite avec l’économie et, ainsi, inclut des représentants de l’économie dans les conseils stratégiques.

La possibilité d’entrer dans une HES directement après le gymnase existe bel et bien, mais il semble que la dérogation à l’expérience professionnelle préalable est limitée à des cas très précis en Suisse alémanique, ce pour pallier un manque d’ingénieurs dans certains domaines. Quant au parcours des professeurs jugé trop «académique», la question est complexe à résoudre, tant l’origine de ceux-ci est variée, a contrario des cursus universitaires (doctorats et post-doctorats).