PME Manager

FORMATION PROFESSIONNELLE SUPÉRIEURE: LE COMPROMIS RAISONNABLE DU CONSEIL NATIONAL

Cela fait quelques temps déjà que moult spécialistes se sont mis au travail s’agissant d’un nouveau système de financement fédéral en matière de formation professionnelle supérieure. Cet automne, même si les deux Chambres fédérales se sont mises d’accord sur le principe que l’Etat doit mieux soutenir les participants aux cours préparant à des examens fédéraux, elles ne sont toutefois pas forcément d’accord sur la manière

Par exemple, le Conseil des Etats souhaite que les participations aux frais de cours soient versées avant l’achèvement des examens contrairement au projet élaboré par le Conseil fédéral qui prévoit que ces dernières se verraient en partie remboursées une fois les épreuves officielles terminées, ce indépendamment du résultat. Le CE craint en effet que les personnes intéressées ne soient dissuadées sans un préfinacement de suivre une formation professionnelle supérieure. Pourtant, cette appréhension est cependant injustifiée dans la grande majorité des cas. Des 300 millions de francs environ que représente le marché des cours de préparation aux examens fédéraux, on estime à quelque 250 millions (plus de 80%) les cours financés par des ressources privées.

La proposition du CE conduirait de fait à une régulation étatique des cours et à une restriction de l’offre de préparation aux examens. Cela va à l’encontre d’un système d’examens fédéraux indépendant des pouvoirs publics quant à sa structure. La proposition de la Chambre haute est d’autant plus grave qu’elle financerait aussi les participants à des cours de formation continue qui n’aboutiraient pas à un titre officiel. Cela ne correspond pas à une utilisation raisonnable de la manne fédérale en diluant celle-ci et en diminuant l’effort ciblé en faveur des diplômes reconnus.

Entre 2017 et 2020, la Confédération s’apprête à accroître massivement son engagement, qui passerait progressivement de 50 millions à 135 millions de francs. En conséquence, il n’est pas recevable de viser à financer tout et n’importe quoi et ce à tous moments de la formation sans viser une certaine obligation d’aller jusqu’à l’épreuve finale.

Par contre, le Conseil national propose maintenant un compromis raisonnable en reconnaissant cette problématique et souhaite que la Confédération accorde des participations aux «demandes fondées». Ainsi, seuls les participants qui en ont vraiment besoin seront préfinancés. De  notre avis, le Conseil des Etats serait bien avisé de suivre le compromis du National, qui garantit un système de financement rationnel et équitable et qui, en outre, soutient les cas de rigueur financière de manière ciblée.