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Wir lernen français or english ?

La révision des programmes scolaires, comme l’achat d’avions militaires, a cette faculté d’initier la génération spontanée de cohortes d’experts dès qu’il s’agit d’innover, de changer ou au contraire de maintenir l’existant.

L’apprentissage des langues est un sujet particulièrement sensible. Nos amis alémaniques discutent âprement quels bambins doivent apprendre quelles langues depuis quel âge. Même le conseil fédéral est obligé de s’en mêler pour éviter une trop grande pagaille fédéraliste.

Les Welsches se sont sentis obligés d’intervenir dans ce débat pourtant purement germanique. Une certaine intelligentsia pédago-politique veille à ce qu’outre-Sarine, le français soit prédominant sur l’anglais, et qu’il soit enseigné, si possible, dès le dépôt de la lolette. On en arrive même à brandir le spectre d’une perte de la cohésion nationale.

On saura apprécier cet engagement pour une meilleure compréhension, pour une fois pas entre les peuples, mais entre confédérés. La fausse-note vient du fait que l’on donne à penser que la Romandie est terre polyglotte, où au milieu d’une conversation, l’on passe spontanément du Hochdeutsch au français pour terminer la discussion en suisse-allemand.

L’amer constat est que la très grande majorité des romands, après neuf ans d’apprentissage de l’allemand, à raison de plusieurs périodes par semaine, des devoirs et des examens, sortent de leur scolarité avec comme seul acquis, une profonde aversion de la langue de Goethe. Lâchés à la gare de Zurich ou de Hamburg, ils sont incapables de demander leur chemin ou de se commander une bière. Si les autochtones ne venaient pas à leur secours avec un français, certes imparfait, mais pétri de bonne volonté, ils seraient condamnés à errer dans ces cités jusqu’à mourir de soif.

Avant de se préoccuper du sort linguistique de leurs compatriotes alémaniques, les romands semblent donc bien inspirés de balayer devant leur propre porte pour réviser fondamentalement les objectifs pédagogiques et la manière d’enseigner l’allemand chez nous.

Si, in fine, le Welsche parle mieux l’allemand que le bourbine le français, pari qui est loin d’être gagné, cela ne saura que lui donner qu’un avantage concurrentiel sur ces compatriotes.

Alors vorwärts !